Les pouvoirs publics et la justice sociale avec Jean-Marc Nicolle

Jean-Marc Nicolle, maire au Kremlin-Bicêtre depuis 2016, a accepté de s’entretenir avec sur le thème de l’implication des pouvoirs publics en faveur d’une meilleure justice sociale.

Quels sont les moyens mis en place par les pouvoirs publics pour permettre la justice sociale ?

Jean-Marc Nicolle : Pour pouvoir intervenir, les pouvoirs publics vont prélever des impôts ou des prélèvements obligatoires qu’ils vont utiliser de deux manières différentes. D’une part, pour redistribuer les richesses, d’autre part, pour fournir des services publics. Il y a donc deux moyens d’intervention pour les pouvoirs publics pour permettre la justice sociale. Cela va être une intervention sous forme directement monétaire, et une intervention en nature grâce à l’école, à l’accès aux services de santé, etc.

De quelle manière s’effectue cette intervention visant à plus de justice sociale ?

Jean-Marc Nicolle : Cette intervention va se faire sous la forme d’une redistribution qui peut être horizontale ou verticale. La redistribution c’est le fait de prélever davantage à certain pour reverser davantage à d’autres. La redistribution horizontale elle se fait entre des individus qui ne sont pas forcément inégaux, mais qui se trouve dans des situations différentes. En revanche, la redistribution verticale se fait des plus riches vers les plus pauvres. On considère en général que c’est la redistribution verticale qui va permettre le plus de réduire les inégalités, puisqu’elle a vraiment une finalité d’assistance aux personnes réputées les plus vulnérables.

Cette redistribution est-elle efficace ?

Jean-Marc Nicolle : Cette redistribution est relativement efficace puisqu’en France, en 2010 par exemple, avant la redistribution l’écart entre les revenus des 10% les plus riches et des 10% les plus pauvres étaient de 8. C’est-à-dire que les plus riches avaient un salaire 8 fois supérieur au plus pauvres. Après redistribution, cette différence est réduite à 3.9. C’est-à-dire qu’après redistribution, les plus riches avaient un revenu qui n’était plus supérieur que celui des plus pauvres que quatre fois. Certes, on voit que les inégalités n’ont pas été abolies. Cependant, la redistribution a permis de les diviser par deux.  Cette redistribution verticale va se faire par exemple par le biais d’un certain nombre d’allocations. Une autre solution – mise en place par les pouvoirs publics pour permettre la justice sociale – va être l’existence de services publics. Par le biais de l’impôt, tout le monde cotise pour l’école et les soins médicaux. Tout le monde bénéficie en principe des mêmes services d’éducation et des mêmes services de santé. Il y a donc un réel effet redistributif selon Jean-Marc Nicolle.

Si chaque ménage devait payer l’éducation prescrite à ses enfants ou l’ensemble des soins de santé pour chaque membre de la famille, il parait assez évident que les catégories populaires n’auraient pas accès à ces services. Or, comme ce sont les pouvoirs publics qui prennent en charge ces dépenses, il y a une véritable réduction des inégalités.

Certaines inégalités ne persistent-elles pas ?

Jean-Marc Nicolle : On considère souvent que l’utilisation de ces services est inégale en fonction des niveaux sociaux puisque les catégories privilégiées utilisent davantage l’éducation supérieure, etc. Il n’en reste pas moins que si certaines catégories utilisent davantage les services collectifs, l’existence même de ces services collectifs et leur gratuité est un puissant facteur de redistribution et de réduction des inégalités.

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