Un point sur les maladies virales

Si petits et simples soient-ils, les virus n’en font pas moins des ravages depuis fort longtemps. Les épidémies virales n’ont en effet rien de nouveau. Parmi les grandes épidémies de grippe du xxe siècle, celle de 1918-1919 par exemple, dite épidémie de grippe espagnole, tua environ 20 millions de personnes. Pourtant, l’émergence récente de graves infections virales inconnues jusqu’alors, inquiète. L’exemple le plus flagrant est celui du sida, transmis par le VIH, qui s’est disséminé au début des années 80.

Le sida n’est certes pas la seule maladie à menacer l’humanité. Il y en a bien d’autres, dues à des virus inconnus tous plus méchants les uns que les autres, qui ont fait leur apparition, un peu partout dans le monde, au cours de ces dernières décennies.

Parmi les plus célèbres, il faut parler des fièvres hémorragiques tropicales, plus ou moins graves, souvent extrêmement contagieuses, qui aujourd’hui se multiplient et se manifestent à des milliers de kilomètres de leur lieu d’origine. Les « fièvres hémorragiques» regroupent plus d’une douzaine de pathologies provoquées par des virus de plusieurs familles (filovirus, arenavirus, navivirus, bunyavirus … ) provenant souvent d’un réservoir animal. Les syndromes sont très similaires, évoquant au départ la grippe ou le paludisme. Viennent ensuite les hémorragies, superficielles et internes, ces dernières pouvant entraîner des complications mortelles.

À l’origine d’une épidémie de l’un de ces virus, on trouve souvent la rupture d’un équilibre écologique, provoquée par l’homme (barrage, déforestation, guerre … ) . Dans leur grande majorité, ces maladies sont dues à des agents pathogènes présents depuis très longtemps dans l’environnement. Si de tels virus arrivent aujourd’hui à sortir de l’ombre, la faute en incombe souvent – mais pas de façon systématique à l’homme lui-même. Par son action, il perturbe l’environnement du virus et facilite son transfert de l’animal à l’homme ou son introduction dans une population jusque-là épargnée, puis sa dissémination au sein de cette population.

La grande force des virus

La grande force des virus c’est bien leur capacité à se multiplier rapidement donc à muter: mille fois plus vite que les bactéries, et un million de fois plus rapidement que l’homme. Ainsi, le virus du sida change pratiquement sous nos yeux. Son profil varie non seulement d’un individu à l’autre, mais aussi, au fil du temps, chez un même individu. Les modifications peuvent être des mutations, c’est-à-dire des « fautes de frappe » produites au cours de la réplication vira le, comme le remplacement d’une base azotée par une autre. Ce peut être aussi l’échange de matériel génétique de virus à virus ; c’est ainsi que le virus de la grippe humaine emprunte parfois des gènes à des virus de grippe porcine. Lorsque les virus s’incorporent dans l’ADN d’une cellule, ils peuvent aussi se saisir d’une partie de celui-ci.

L’invasion des mutants

Les mégalopoles et le développement des transports aériens facilitent la propagation de virus jusque-là t apis dans les forêts équatoriales. Après de multiples mutations, ces« nouveaux» virus deviennent mortels pour l’homme. Si la majorité des « nouveaux » virus restent pour l’instant localisés dans les continents où ils sont apparus, rien n’empêche que, demain, ils se répandent dans le reste du monde comme le virus du sida. Personne ne peut prédire quand.

Tout ce que l’on sait, c’est que les virus se moquent du temps et qu’ils vont continuer à faire leur trou. Ils surgiront d’autant plus facilement que le terrain est prêt pour faciliter leur explosion : migrations humaines de plus en plus importantes; concentration toujours plus massive des populations dans les grandes villes ; développement des transports aériens, dans des endroits plus reculés et sans protection sanitaire.

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